J17 – Mercredi 28 juillet 2010 – Potosi

Publié le par notretourdumondeparpetitsbouts

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Cette belle montagne, le Sumac Orcko en quechua, a contribué massivement au développement économique de la France entre les 16ème et 19ème siècles … et a coûté la vie à plus de 6 millions d’Indiens.

Lorsque les espagnols débarquent en Amérique du Sud (et Centrale), ils décrochent le jack pot. Le continent regorge d’or (les Incas s’en servaient uniquement comme décoration) et d’argent. D’où l’expression « C’est le Pérou » (le Pérou de l’époque incluant le Pérou et la Bolivie actuels). Tous ces métaux précieux partent en Espagne et enrichissent le pays de manière colossale … et éhontée. En bons nouveaux riches, les espagnols vont le gaspiller, achetant biens et services dans les autres pays proches, contribuant massivement au développement économique en Europe et notamment en France.

Selon notre guide favori (je pompe, je vérifierai plus tard…) au milieu du 17ème siècle, Potosi comptait 165.000 habitants (autant que Paris ou Londres …) et avait été promu Ville Impériale par Charles Quint.

Après une période de décadence accélérée (9.000 habitants en 1825) Potosi retrouva une nouvelle activité avec la découverte et l’exploitation de l’étain. La ville compte aujourd’hui 145.000 habitants, plus en situation de survie. Les mines ne sont plus suffisamment rentables pour justifier une exploitation par l’Etat ou par une entreprise. Du coup près de 16.000 indiens, organisés en coopératives, l’exploitent … et s’auto-exploitent.

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On visite donc les mines dans des conditions aussi rudimentaires que l’exploitation des mines par les Indiens eux-mêmes. Près de deux heures à circuler dans de petites galeries, à se planquer lorsqu’un chariot approche, tiré-poussé par 4 Indiens. Ici on rampe sur les genoux, là on descend sur une improbable échelle. Là, on découvre El Tio, le Dieu de la mine. Et là, enfin, la sortie …

 

Voilà, c’était l’un des deux temps forts de notre première journée à Potosi.

Deuxième temps fort de la journée : le Bloquéo;

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5h00 du mat. Notre bus « Cama » est arrêté. Nous ouvrons un œil … et le refermons !

6h00. Le jour se lève. Le bus n’a pas bougé. Dehors ça discute. Nous découvrons la file de bus et de camions alignés patiemment. Sur la voie de gauche des indiens passent à pied. De vagues explications. Peut-être un effondrement de rochers sur la chaussée ? Nous patientons...

7h00. De plus en plus de monde quitte les bus et poursuit la route à pied. Potosi serait à une heure de marche. Nous décidons de nous joindre aux marcheurs. Nos sacs sont inaccessibles ; tant pis, nous irons les reprendre dans l’après-midi au Terminal.

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7h30. Nous découvrons la zone de l’effondrement. Il y a là une centaine de roches. Pas suffisamment pour bloquer très longtemps la circulation. En revanche il y a beaucoup de monde, peut-être 300 personnes sur la chaussée et aux abords.

8h00. Ce n’est que dans le taxi qui nous emmène à Potosi que nous comprenons. « Es un Bloquéo ». C’est ainsi que l’on manifeste en Bolivie. En bloquant la circulation… Les motifs du bloqueo aujourd’hui ? A priori, les revendications des ouvriers d’une cimenterie proche.

Un peu plus tard dans la journée, nous finissons par nous inquiéter. Au fait, ça dure combien de temps un bloquéo. « Dos dias » Quoi ? Et nos sacs qui sont toujours dans le bus …

A la sortie de la mine, nous lançons donc l’opération « Récupération des sacs ». Pas évident du tout. La nuit tombe.

Nous commençons par aller au Terminal. Confirmation : Le bus est toujours coincé par le Bloquéo.

Nous reprenons un taxi qui nous ramène au Bloquéo et là, nous entreprenons de refaire en sens inverse le chemin de ce matin. Il fait nuit noire ; nos frontales (nous avons toujours des frontales, nous sommes des routards organisés !) sont restées dans les sacs, dans le bus !!!

Grâce aux étoiles, aux lueurs épisodiques des phares, aux feux allumés par les bloqueurs ou les bloqués, nous avançons sur la route. Nous ne sommes pas seuls, ça circule dans les deux sens, souvent chargés de ballots. Nous traversons prudemment la zone des grévistes. Ceux-ci ont allumé des braséros et font la popote. Puis nous entreprenons de remonter la file des camions et des bus avec un nouveau souci en tête. Est-ce que le chauffeur est toujours là ? Ou aura-t-il quitté son bus pour se rendre en ville pour les 2 jours à venir ? Nous reconnaissons l’endroit, nous repérons les bus de la compagnie, nous passons de l’un à l’autre, interrogatifs. Est-ce notre bus ? Le troisième est fermé. Personne. Nous frappons à la porte. Ça bouge à l’intérieur …et c’est le bon bus. Youpi !!!

Nous récupérons nos sacs parmi les quelques bagages restant et hop, en sens inverse. Mais cette fois-ci, c’est sans souci ; nous avons nos sacs … et nos frontales !

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Troisième temps fort de la journée, mais (heureusement) sans la même intensité ; la visite du couvent de Santa Teresa. Cath fera un édit spécial Brodeuses.

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