J13 – Samedi 24 juillet 2010 – Puno, le lac Titicaca

Publié le par notretourdumondeparpetitsbouts

Nous commençons à nous habituer aux nuits dans le bus. Non que nous dormions bien, mais nous arrivons à gérer. En tous cas elles nous font gagner un jour de transfert. Il y en aura 6, cela fait presque une semaine de gagné.

Au programme, les iles du Lac Titicaca. D’abord les iles des Uros puis celle de Taquile, dans le cadre d’un « tour » d’une journée (formule facile mais que l’on regrette toujours).

AmSud 2010 - J12 - Cuzco 072

Donc bateau pour les iles des Uros. Elles sont à 25 minutes de Puno. Il y a en fait une cinquantaine d’ilets faits d’ajoncs. Les ajoncs poussent sur un substrat d’une cinquantaine de centimètres qui flotte sur l’eau. Les Uros découpent le substrat en carrés qu’ils assemblent entre eux puis empilent au dessus de multiples couches d’ajoncs qu’ils croisent. Cela donne un ilet sur lequel vivent 3 ou 4 familles et qu’ils amarrent où bon leur semble dans le village. Les habitations sont en ajoncs, les bateaux sont en ajoncs. Ils cuisinent sur quelques grosses pierres volcaniques récupérées sur la terre ferme.

Première concession au progrès : les panneaux solaires. Ceux-ci ont remplacés récemment les bougies pour l’éclairage des ilets. Du coup, des batteries ont fait leur apparition ainsi que des téléviseurs...

Notre bateau est accueilli sur un ilet. Présentation pédagogique, visite des maisons, achat d’artisanat uros, puis c’est le moment du départ. Nous avons droit à un discours de remerciement puis à quelques chansons chantées par les 3 femmes de l’ilet dont un couplet de « Sur le Pont d’Avignon » qui nous fait chaud au cœur. Nous sommes agréablement surpris. Ces trois femmes Uros apprenant ensemble un air du folklore français, c’est quelque chose de fort. L’effet est un peu atténué lorsqu’on entend à nouveau « Sur le Pont d’Avignon » sur l’ilet voisin, puis à nouveau sur l’ilet suivant, et ainsi de suite, une dizaine de fois…

 

Puis le bateau reprend sa route direction l’ile de Taquile à … 3 heures de navigation. Ça, nous n’avions pas prévu. Finalement, nous en profitons pour récupérer de notre nuit en bus (nous ne sommes pas les seuls, quelques minutes plus tard tout le bateau dort) puis pour préparer notre traversée de la Bolivie.

Taquilé, enfin. Une ile où vit une communauté d’environ 3.000 indiens, avec ses codes et ses traditions. Rien de spectaculaire toutefois, si ce n’est que les hommes tricotent (du jacquart, et en marchant …) et ce dès leur plus jeune âge. Pas de voiture, pas de vélo (faut dire que les pentes sont raides), pas même un lama pour transporter les charges. Tous les matins, c’est la corvée d’eau (puisée dans le lac) que se partagent rituellement hommes et femmes. Pas d’électricité, évidemment. Les revenus du tourisme sont mis en commun équitablement.

Ce qui contraste, c’est qu’ils vivent du tourisme et d’un tourisme de masse, puisque chaque jour ce sont près de 50 bateaux transportant chacun une vingtaine de touristes qui font route vers l’ile. Mille touristes qui partagent le même rituel. On accoste en un point de l’ile, on monte pendant 20 minutes pour rejoindre une maison locale et partager le même menu, on traverse ensuite, par groupes successifs la place consacrée aux ventes d’objets artisanaux, on redescend en un autre point de l’ile où l’on retrouve le bateau. Dans l’après-midi, 50 bateaux reprennent la direction de Puno emportant mille touristes se consacrant à la sieste…

Demain La Paz, la Bolivie. En travaillant cet après-midi cette deuxième phase de notre voyage, je me disais que le Pérou n’était probablement qu’un apéritif …

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