J16 - Mardi 26 janvier 2021 - Anse Mitan

Publié le par notretourdumondeparpetitsbouts

Pari tenu ! La voiture n'a pas bougé et nous pas beaucoup non plus ...

J16 - Mardi 26 janvier 2021 - Anse Mitan
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L'occasion de dédier cette avant-dernière page du blog au "problème" du Chlordécone. Je dis "problème" au lieu de "scandale" car qui dit scandale dit indignation et qui dit indignation dit rareté ; on ne peut s'indigner à longueur de journées au risque de devenir complotiste et voir le mal partout.

Le problème du Chlordécone, un insecticide utilisé pour lutter contre le charançon tueur de bananes, est finalement assez simple. Sa dangerosité est démontrée et il est interdit aux Etats Unis dans les années 70. Mais sans chlordécone plus de bananes ou alors plus de travail pour avoir une banane commercialisable. Donc les producteurs antillais font du lobbying à Paris pour différer le plus longtemps possible l'interdiction du chlordécone. Et quand la France ne peut plus décemment l'interdire, 15 ans tout de même après les Etats-Unis (bravo notre administration, bravo nos élus), Monsieur Hayot, dont la famille est l'une des plus riches des Antilles réussit à arracher auprès du Ministre de l'agriculture Jean-Pierre Soisson, 5 années de plus pour écouler les stocks.

Où en est-on désormais ? Ben les experts ne seraient pas trompés. La Martinique détiendrait le record du monde du cancer de la prostate, les terres seraient polluées pour au moins 500 ans et 90% de la population aurait du chlordécone dans son organisme.

Rassurez-vous, les bananes ne seraient pas polluées (ben, les lobbyistes continuent de bosser !), mais les volailles, le bétail, les fruits et légumes et même le poisson car le chlordécone s'est infiltré dans tous les cours d'eau.

S'ouvre alors, normal, un procès contre l'Etat pour mise en danger de la vie d'autrui. Mais si l'Etat devait indemniser toutes les victimes du chlordécone, cela représenterait un budget colossal.

La stratégie dans ce genre de situation est simple ; on attend que le nombre de victimes diminue et que le budget d'indemnisation atteigne un niveau raisonnable. C'est valable pour quantité de procès : sang contaminé, mediator, amiante, etc.

Aux Antilles, nous sommes dans la phase "prescription". Cela ne veut pas dire qu'il y aura prescription, mais cela veut dire que nous (l'Etat, mais l'Etat c'est nous) allons gagner du temps en ouvrant un débat dilatoire. Les juges d'instruction du pôle Santé du Tribunal de Grande Instance à Paris auraient émis l'hypothèse d'un non-lieu du fait de la disparition des preuves. Le temps que l'on reconstitue les preuves, que le Conseil d'Etat invalide la prescription, il se sera bien passé encore 5 années et le nombre de victimes commencera à devenir raisonnable. Mais peut-être pas ; on trouvera bien alors une autre mesure dilatoire...

L'Histoire ne le dit pas, mais avouez que la chute serait belle, si on découvrait que ce sont les mêmes avocats qui faisaient du lobbying pour interdire l'interdiction du chlordécone et qui se battent aujourd'hui pour demander réparation.

A propos d'avocats, une spéciale dédicace pour Madame MH !

J16 - Mardi 26 janvier 2021 - Anse Mitan

Publié dans 2021 - Martinique

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marie-hélène 27/01/2021 12:16

Merci pour ces tristes explications qui n'ont rien de complotiste, hélas...

Quant aux avocats, comme dirait Mamie LUGER (livre de poche que je vous recommande, de Benoît Philippon), "les avocats ont d'intérêt que coupés en deux avec un zest de citron" !!!